Le Label éco-école

NOVEMBRE 2017

Que peut-on faire pour nos enfants ? Que peuvent faire nos enfants pour nous ?imgres 

Un air irrespirable, une mer de déchets plastiques, des champs agricoles laissés à l’abandon, des apiculteurs ruinés faute d’abeilles…

Mais ce n’est pas seulement que les apiculteurs seront ruinés, ce sont surtout que les abeilles, et beaucoup d’autres insectes, sont des pollinisateurs de nos plantes à fleurs qui représentent … 90% des espèces végétales ! Le taux de mortalité des abeilles dépasse 30%, celui des insectes pollinisateurs (dont les papillons) frôle les 80% dans certaines régions (Allemagne). L’enjeu dépasse largement la taille du portemonnaie des apiculteurs, il y va de notre production agricole et donc de notre survie.

Nous, générations issues pour la plupart d’une société d’hyperconsommation, avons acquis de mauvais comportements vis à vis de la planète. Comment les changer ?le-drapeau-eco-ecole-flotte-sur-le-college_273424_510x255

Si la prise de conscience est, pour certains citoyens, effective, nos « réflexes » de consommateurs sont parfois durs à changer : local, bio, emballage, déplacement, énergie… Le développement durable n’est pas une mode. C’est une prise de conscience, une nécessaire transformation radicale et en profondeur de nos modes de vie. Les enfants sont les héritiers et donc les premiers concernés et sont certainement les plus vigilants quant aux actions de préservation de la planète.

D’autre part, à travers les enfants, on peut éduquer un petit peu les adultes. Mais ça ne nous empêchera pas d’aller dans le mur si rien ne change rapidement et en profondeur! 

L’éducation nationale conseille de s’engager dans le programme Éco-École et permet à chaque établissement qui le souhaite, sur la base du volontariat, de développer chaque année une thématique relative à l’éducation au développement durable.

A l’école de la Bouverie, ce label est obtenu tous les ans depuis 2012, grâce à la mobilisation des différents professeurs et de leurs élèves, des parents d’élèves et d’autres acteurs des milieux associatifs et institutionnels qui participent au projet. (Même la mairie, si, si ! )

éco école 1Thèmes et actions des années précédentes à l’école de la Bouverie :

Les déchets (et donc le recyclage) 2010-2011

L’alimentation 2011-2012

L’eau : préserver les ressources 2012-2013

Les énergies : mise en place du vélo bus notamment 2013-2014

La biodiversité 2014-2015

Les solidarités : action avec les amis de Paola (voir article plus bas) 2015-2016

Le climat 2016-2017

Cette année 2017-2018, le thème retenu est la santé.


PROPOSITIONS

  • Faire en sorte que les autres écoles du Village et des Issambres puissent s’engager et obtenir ce label http://www.eco-ecole.org/etablissements-scolaires/labellisation.html
  • Organiser des manifestations de sensibilisation mêlant adultes et enfants : plantation d’arbres, week-end consacré à la terre, à la solidarité…
  • Associer des  organismes reconnus et agrées comme Colibri aux démarches des écoles

AMIS DE PAOLA / ECO-ECOLE – DES ENFANTS DE ONZE ANS MOBILISÉS CONTRE LA MISÈRE
 1 avril 2016. « Bah alors »

Elle s’appelle Saloie Benatich, elle a 23 ans, et dans moins de six mois, elle sera une éducatrice spécialisée diplômée, après trois ans d’études. En ce moment, elle donne un sérieux coup de main aux Amis de Paola, une association bien connue basée à Fréjus, qui donne toutes ses tripes pour venir en aide aux gens les plus démunis du territoire, ceux qui ont tout perdu, ou presque. Dans le cadre de sa mission, elle a eu une idée de génie : allier l’énergie des élèves d’une classe de Cm2, et la formidable détermination d’une association en pleine période d’intense travail sur le terrain. Besoin de produits d’hygiène ? De nourriture ? De vêtements chauds pour passer un hiver jamais tendre ? Il fallait bien une synergie philanthrope et motivée pour combler quelques premières nécessités. Professionnels, bénévoles, associatifs, c’est à plusieurs qu’on combat le mieux la misère.4761e8a4-3e0b-4833-be4a-dd6b55ce4b8e

Saloie vous êtes actuellement en plein dans les études, mais vous participez aussi activement à la mission des Amis de Paola. Quel est votre rôle au sein de l’association ?

Je travaille en ce moment avec des personnes qui sont sans domicile fixe, avec Les Amis de Paola. Cette association fonctionne beaucoup avec les dons, alimentaires, de produits d’hygiène.

Comment vous est venue l’idée de collaborer avec une classe de Cm2 ?

Ma petite nièce est une élève de la classe de Gilles Priarone à l’école de la Bouverie, qui participe au projet éco-école. Comme elle m’a expliqué que dans ce cadre, les enfants étaient sensibilisés aux sujets de la solidarité, de l’entraide, j’ai fait le lien entre les deux. J’ai trouvé ça intéressant que des enfants aussi jeunes soient sensibilisés à ces questions-là, et les rencontrer m’a beaucoup apporté. D’autant plus que la récolte de dons a été bonne.

Comment ça se passe, pour vous, confrontée au quotidien avec ce public si particulier ?

Et bien mon rôle aux Amis de Paola, c’est de les aider à se réinsérer, à retrouver un logement, du travail, les accompagner dans un moment de grande difficulté. Il faut aussi répondre à leurs besoins primaires, manger, boire, se vêtir, se laver, mais à terme, l’idée c’est de les aider à se réinsérer.

Vous les avez trouvés comment, les enfants ? Conscients de l’existence de ce monde-là ?

J’ai été très surprise. L’instituteur m’a proposé de venir faire une intervention. J’ai préparé un petit diaporama, qui montrait dans les grandes lignes tout ce qu’on fait avec l’association, les maraudes le soir, la composition du centre d’accueil, l’équipe, la manière dont on travaille…et j’ai été très étonnée parce que j’ai vu des élèves très calmes, qui m’ont posé beaucoup de questions, ça a duré plus longtemps que prévu, je ne m’attendais pas du tout à avoir un retour comme ça. Et c’étaient vraiment des questions pertinentes ! Ils avaient pour beaucoup cette image mauvaise du sdf qui ne veut pas travailler, qui ne se lave pas, et je pense qu’ils vont garder une image plus fidèle à la réalité, ils ont pris conscience de ce que c’était vraiment de vivre dans cette difficulté-là.

Qu’est-ce que vous avez récolté, comme produits ?

En ce moment c’est l’accueil d’hiver, on a plus d’une centaine de personnes qui viennent chaque jour au centre, on a beaucoup de travail. Et on manquait de produits d’hygiène. D’ailleurs c’est un sujet sur lequel on travaille avec eux, on leur parle de propreté, on leur rappelle que c’est important, que même s’ils sont dans la rue, il faut garder une image digne et positive. Les personnes que l’on accueille ont eu un parcours très difficile, prendre soin d’eux n’est plus une priorité, leur image est très détériorée. Et pourtant, il faut reconstruire ces personnes, et on commence par l’hygiène et l’alimentation, avant de se pencher sur les problématiques des addictions quand il y en a. Tout commence par là. Cette récolte répondait vraiment aux besoins du moment.

Les enfants ont fait ça avec les supermarchés locaux ?

Ils ont commencé la récolte à l’école, avec ce que leurs familles pouvaient donner, nourriture, vêtements et produits. Puis ils sont partis à la rencontre de différentes enseignes du coin qui se sont proposées d’effectuer des dons. Et c’était super parce que ces enseignes, ce ne sont pas les mêmes que celles qui travaillent avec les Amis de Paola d’habitude. Cette opération nous a permis de tisser de nouveaux liens.

Et vous, qui travaillez depuis un an maintenant avec les Amis de Paola, vous la vivez comment, cette confrontation quotidienne avec des personnes dans une grande détresse ?

C’était la première fois. Je n’ai pas été choquée, mais j’avoue qu’en tant que jeune femme, j’appréhendais cette mission. Comment rentrer en contact, comment discuter, je me posais beaucoup de questions. Mais j’ai très vite été entourée par des professionnels qui ont beaucoup d’expérience. Et j’ai vécu avec eux beaucoup de petits moments du quotidien, le petit déjeuner, les repas, les cafés, j’ai commencé à échanger. J’ai réussi à créer le contact, mais il a fallu beaucoup observer.

 

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