Elus locaux-locos ?

Si consommer local est une priorité, élire « un local » est-il pour autant un gage d’une politique éclairée, respectueuse et innovatrice ?


LES POLITIQUES sont souvent critiqués mais nous CITOYENS, nous ne sommes pas toujours exemplaires.

Depuis toujours, les citoyens se méfient des politiques et inversement. Parfois c’est un mépris réciproque.

Au départ, le politique n’est autre qu’un citoyen engagé dans une cause commune. Mais être « un politique » c’est aussi subir les demandes de citoyens pour qui l’intérêt personnel prime souvent sur l’intérêt général : une faveur, un permis de construire, un marché public, un emploi à la maire, une terrasse de restaurant,….

Associé systématiquement le mot citoyen à « vertu » et « bien commun » est d’une grande naïveté d’autant plus que la plupart d’entre nous ont déserté les bancs des conseils municipaux et montrent du désintéret  pour le bien commun. Cet espace est de fait occupé par des extrêmes voire des personnes au CV aussi léger qu’un papier de cigarette.

Les politiques ne comptent pas leurs heures et sont très rarement remerciés pour leurs actions. Ils sont souvent « surinvestis », pour le bien souvent, et pour leur bien parfois aussi.

Pour beaucoup cela devient toute leur vie, un véritable sacerdoce. Ils se réalisent ainsi. Ils ne pensent pas à autres choses que d’exercer leur fonction, le pouvoir pour faire bien, parfois le mal, mais souvent au détriment de l’épanouissement personnel qui apporte un l’équilibre et une ouverture nécessaire à l’exercice difficile de la vie publique.

Leur liberté de paroles est contrainte par le parti politique auquel ils appartiennent, ce qui n’est pas le cas des citoyens libres de tous propos.

Le citoyen bénévole qui souhaite participer à une action pour les autres, choisira en premier les structures associatives ou l’humanitaire (resto du coeur, croix rouge, amis de Paola à Fréjus…), rarement la politique (et de moins en moins la religion).

Car la politique, c’est la recherche du bien commun, du vivre ensemble mais c’est aussi une compétition sans règles de morale dans laquelle tous les coups sont permis avec des querelles d’égo, de pouvoir, des rancœurs, des trahisons, des fratricides navrants (une pièce cornélienne avec des relents freudiens).

Si les citoyens sont unis pour combattre le « CONTRE » : une injustice supposée, une construction injustifiée, un abus manifeste, La Sarget, les cartes essence de Jousse, … ils n’ont pas autant d’énergie pour le « POUR ». Qui va aller manifester pour une  gouvernance municipale, plus de développement durable ou pour réclamer un équipement culturel ou sportif ? Personne.

Parfois l’intérêt personnel rejoint l’intérêt public : s’investir pour la construction d’un stade ou d’une piscine municipale permet au citoyen d »avoir une plus value de son bien immobilier à proximité mais profite à l’ensemble de la population. Idem pour un tracé d’autoroute, de chemin de fer ou un aéroport delétère pour l’environnement. Les exemples sont multiples.

Bien souvent, l’horizon des élus politiques locaux de la CAVEM (et parfois de citoyens FN le plus souvent) dépassent rarement les frontières de leur commune (voire plus bas) ou de leur arrondissement d’origine quand ils proviennent de la Capitale. Mais la population est de moins en moins locale, un écart qui se creuse donc entre les 2 groupes.

L’analyse de leur CV (rarement disponible, ils le cachent ?) montre qu’ils sont pour la plupart sédentaires, sans réelle expérience de mobilité.

« Les voyages forment la jeunesse » car ces derniers confrontent aux difficultés de faire avec les autres, de s’adapter, de tolérer, d’endurer des épreuves, ils enrichissent de nouvelles expériences, de nouvelles façons de faire, de penser et d’appréhender, de faire naitre de nouvelles idées et de faire face sereinement aux situations les plus diverses voire les plus tendues.

Au delà de la méconnaissance et/ou de l’inexpérience en gestion, en droit, en finances municipales… c’est bien le manque d’idées, d’innovation et de tolérance qui est une constatation de celles et ceux qui n’ont rien voulu voir d’autres que leur commune ou leur arrondissement.

DES POLITIQUES TROP LOCAUX ?

Etre né, avoir grandi et avoir été élu dans un petit territoire garantie une bonne connaissance du terrain, de la culture, et des femmes et hommes qui le compose. Néanmoins élire « un local » n’apporte pas que points positifs pour le citoyen et loin de là…, démonstration sur la CAVEM.

Voici un exemple du microcosme politique local, avec le cortège de haine réciproque, de lutte fratricide ou à l’inverse de copinage comme dans des membres d’un clan qui n’ont jamais quitté la cocon familial.

David Rachline et Georges Ginesta, nés à Saint Raphael, Jean Paul Ollivier (copain d’enfance de Ginesta, Bertora), Jean Pierre Serra, Jean Cayron, nés à Roquebrune sur Argens, François Léotard né à Fréjus, Roland Bertora, CAVEM, Saint Raphaël. Philippe Michel-Kleisbauer, Député, né à Draguignan.

LEUR POINT COMMUN ? Toute leur carrière politique et professionnelle dans la CAVEM (Ollivier est parti 10 ans au Maroc dans un établissement Français mais la majorité de sa carrière il l’a faite à Fréjus. Boudoube est mariée à une Pugetoise et a fait sa carrière en Afrique dans le pétrole).

Cela favorise t-il un esprit de tolérance et d’ouverture d’esprit ?

Ceci est également valable pour celles et ceux venant de l’extérieur, qui sont nés et qui ont fait toute leur carrière dans un seul arrondissement de Paris et pour lesquels le reste du monde est « Terra Incognita » à part Deauville ou le Touquet pour la fin de semaine.

L’orgueil est le grand fléau des politiques (mais aussi de certains citoyens) et au final de celles et ceux qui n’ont jamais vécu. L’humilité ne s’apprend pas, mais doit s’éprouver mais quand il n’y a pas d’expérience personnelle « ailleurs », quand on ne s’expose pas aux dangers, aux autres, quand on reste dans son périmètre de confort, comment devenir humble et acquérir une capacité d’écoute ?

Cette pauvreté de propositions et surtout d’innovation entrave le dynamisme d’un territoire et créé une atmosphère de lutte fratricide et/ou à l’inverse de copinage tout aussi nauséabond.

Mais certains élus « du cru », sans avoir eu la possibilité ou la chance de sortir de leur univers (magnifique au demeurant), font l’effort et ont compris qu’il faut aller chercher l’information ailleurs. Ils sont l’exception.


COMPLEMENT. Voici notre retour d’expériences de 3 années de gestion de mouvement citoyen qui confirme ces constatations:

Bilan et réflexions sur les 3 années d’activité de Roquebrune Sérénité : « Plaidoyer pour que naissent d’autres lanceurs d’alertes ».

Qu’elle semble douce cette petite musique de la démocratie locale parfaite, du citoyen engagé et du politique qui œuvre pour l’intérêt général. Pourtant si vous créez un site ou une page citoyenne, accrochez-vous car la musique que vous allez entendre s’apparente plus à du punk « no futur » ou à du « hard core metal »  qu’à un bal musette au pied de notre rocher bien aimé et de notre lac si paisible.

Si vous aussi, vous souhaitez faire un mouvement citoyen, attendez vous à ce que ça valse.

Voici donc nos conseils issus de notre expérience « mouvementée ».


Compte tenu des événements municipaux de ces 20 dernières années, faite de destitution et de scandales répétés et par rapport aux autres communes environnantes, nous comptons le plus de sites, de blogs ou de pages citoyennes. On s’en félicite mais ont-ils un véritable rôle d’information démocratique et au final ont-ils un poids dans les urnes ?

Pour les varois qui sont partis et qui ont eu la chance et qui ont durement travaillé pour faire une carrière professionnelle hors de leur département, en nationale ou internationale, le retour à la terre natale après quelques années d’absence est rude. Pourquoi ?31131708_2018084475075289_642461811093798912_o

D’une part parce qu’ils ne reconnaissent plus leur commune rongée par une urbanisation incontrôlée digne des départements voisins dont on connait les conséquences : incivisme, bruit, circulation, propreté, … mais surtout par l’appât du gain des prétendus provençaux. Prétendus car un vrai provençal, ce n’est pas seulement celui qui maitrise la langue du Pays, c’est celui qui n’oublie pas de préserver sa terre de la spéculation et ne cherche pas à s’en mettre plein les poches au détriment des autres (« certains ont fait suffisamment d’argent pour prendre leur retraite outre-mer pendant des siècles » dixit une ancienne élue majoritaire repentie). Bref une désillusion amère.

Alors que faire ? Faut-il en faire le deuil ? Certainement pas.

Arrêter le financement occulte apporté par l’urbanisation anarchique est une priorité. Il ne s’agit  pas de se fermer aux nouvelles arrivées mais que les personnes qui le souhaitent, puissent profiter de notre paradis en construisant des logements plus respectueux, plus intégrés, moins visibles et transparents sur leurs financements. Et ceci afin qu’il le reste et qu’il ne devienne pas un enfer de cités dortoirs.

Arrêter les magouilles en dénonçant encore et encore les pratiques clairement claniques qui s’accaparent les espaces et l’argent publics. (Les échanges avec les élus majoritaires qui préservent leur porte monnaie ne volent pas très haut) .

29871798_10156508432629658_6736653880213258834_oAlors si vous voulez que notre Provence reste une terre d’accueil généreuse et de nature respectée, faites le savoir. Faites naitre le débat. Plus il y aura de sites, pages, blogs et lanceurs d’alertes, plus les politiques mafieux se sentiront traqués (Ils lisent tous les sites) et moins les dérives se feront.

Comme nous et quelques autres, pourquoi ne pas créer votre propre mouvement citoyen ? En quelques rencontres et quelques clics vous pouvez peut être changer les mentalités vers plus de démocratie locale.

Vous essaierez de travailler avec des femmes et des hommes politiques vertueux mais la remise en question est parfois difficile en ce qui les concerne. Ils s’écoutent souvent, plus qu’ils n’écoutent et certaines observations constructives sont souvent prises comme une attaque personnelle, dommage.

14939946_1209562852452081_3279891871436312777_oVous souhaitez simplement ouvrir un débat citoyen autre que celui qui est monopolisé par les élus majoritaires au conseil municipal.

Attention, il ne faut pas s’attendre à quelques compliments que ce soient de qui que soit, y compris de citoyens et surtout des politiques. Vous allez gêner et certains chercheront à investir votre mouvement tel un cheval de Troie en se déclarant citoyen alors qu’ils sont clairement dans la manipulation politicienne.

Aucun compliment donc, mais par contre systématiquement critiqué : « vous dites ou vous faites : on vous critique, vous ne dites rien ou ne faites pas, même sanction » voire insulté.

Ce n’est pas tant les critiques qui sont blâmables mais leurs récurrences avec toujours cette absence d’argumentation qui fait un débat stérile, par exemple « vous êtes lamentables« , « vous faites mieux d’habitude » « je n’ai pas de solution, donc il ne faut pas en parler » « vous faites le jeu d’un tel ou d’un tel« . Nous sommes étonnés du manque d’ouverture de certaines personnalités qui restent figés dans des postures et dans le passé et qui ne laissent aucune perspective et aucun débat pour des projets d’avenir dans notre commune.

Mais ne vous découragez pas, vous n’avez pas besoin de faire de la démagogie pour avoir des voix, vous pouvez tout mettre sur la table pour maintenir le cap de l’intérêt commun contre vents et marées, votre conscience sera en paix. Eux ? non.livre

Beaucoup disent que lors de l’élection de 2014, si « Roquebrune Sérénité » avait existé (créée en 2015), l’équipe Jousse Ollivier ne serait pas passée (l’élection s’est jouée à quelques dizaines voix). Possible mais ne cherchez pas une conséquence de vos écrits, ils sont difficilement mesurables et vous seriez déçus si les choses n’avancent pas comme vous le souhaitez. Le seul but est d’avoir la conscience tranquille : « Vous aviez tiré la sonnette d’alarme et prévenu » et pas de regret du type  » si on s’était impliqué et engagé avant, on n’en serait pas là « comme pour nous lors du vol de l’élection municipale de 2014.

Vous allez avoir beaucoup de travail de recherche, de contacts et d’analyses. En effet, contrairement aux dires de certains politiques, « nous ne restons pas derrière nos claviers ». Nous allons à chaque fois que possible chercher l’information au cours des réunions, mais surtout lors de soirées ou de manifestations citoyennes (Planète CAVEM, Correns, Mouans Sartoux, Carros, Montauroux, Draguignan, Figanières, …) ou directement par contact avec les personnes qualifiées.

Par contre on ne voit pas souvent ces mêmes politiques venir s’informer au cours de ces manifestations ou lorsqu’il faut penser à l’avenir.

Mais vous apprendrez beaucoup et vous rencontrerez des personnes politiques ou non, sincères, désintéressées, profondément attachées aux valeurs de la République. De belles rencontres enrichissantes avec d’anciens maire et élu(e)s ainsi que des citoyens vertueux, honnêtes, engagés de Roquebrune.

Vous rencontrerez aussi beaucoup d’indifférences mais il y a des causes à cela (voir plus bas).

Bien sur vous serez menacés car vous touchez aux intérêts et aux avantages de certains (mail d’avocats avec menaces) mais pas de panique en restant anonymes vous échappez aux rétorsions des politiques qui utilisent par ailleurs votre argent pour vous mettre devant les tribunaux et vous faire taire. Un comble. Vive les lois de décentralisation qui donnent un pouvoir insensé aux maires en matière de rétorsions contre les opposants et les lanceurs d’alertes.

De toute façon les collectifs d’entre aide citoyenne (« Roquebrune résiste » dans notre commune) prendront en charge, totalement ou partiellement vos frais le cas échéant.

Alors, oui il y a beaucoup de « gens » bien ici, et en créant votre site, vous posséderez un bon sérum de vérité car les masques tomberont devant l’épreuve.

Bref vous avez beaucoup à perdre en créant un mouvement citoyen sauf votre conscience  « sans remord, ni regret« . C’est pour cela que nous, pour « dormir tranquille », on continue l’aventure …


SOCIOLOGIE DE l’APPARENTE (OU REELLE) INDIFFERENCE DES CITOYENS :

Qu’est ce qui explique la passivité ou l’indifférence apparente des citoyens dans la vie communale ou sur les réseaux sociaux inhérents ? Est-ce que seule une minorité décide ? est concernée ? s’exprime ? Il faut savoir que de nombreux éléments interfèrent avec l’expression des citoyens d’une commune :

  • La moitié des citoyens ne paient pas d’impôts (en dessous du seuil) et pensent ne pas avoir leur mot à dire,
  • Certains habitants sont âgés et ont « lâché les armes« ,
  • D’autres sont dans le « tous pourris » tous les mêmes » et détournent la tète car ils ont assez de problèmes comme ça !
  • Certains actifs galèrent pour nourrir leur famille et ont un autre combat pour survivre a mener,
  • Certains ont des intérêts sur la commune et ne veulent pas se les voir menacer,
  • Certains sont employés communaux et ne peuvent s’exprimer (pourtant on sait que beaucoup souffrent de décisions irrationnelles et d’incompétence avérée),
  • Certains sont Présidents ou font partis d’associations, sont artisans, commerçants ou restaurateurs et dépendent des subventions ou des commandes de la municipalité ou risquent de se voir amputer leur activité  en représailles comme une diminution d’emprise de terrasse d’un restaurant sur le domaine public,
  • Des personnes sans enfants qui ne se sentent pas concernés car ils ne font que dormir et partent travailler et faire la fête ailleurs,
  • Les politiques ont un niveau éducatif ou/et culturel globalement pauvre qui n’attire pas par la brillance des réflexions et des débats,
  • D’autres profitent du système (clientélisme et faveur) car on ferme les yeux sur leur illégalité ou on leur octroie des droits sur l’urbanisme notamment.

Voilà ça fait beaucoup de monde qui reste dans le silence pourtant chacun paie ou paiera un jour le prix fort d’une dérive communale monumentale.

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